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Ténèbre et abîme

« Une ténèbre sur les faces de l’abîme. »

(Genèse 1.2 ~ Traduction André Chouraqui)

Abîme

Ce passage du second verset de la Genèse est, comme c'est souvent le cas pour l'hébreu, différemment interprété :

- « il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme » (traduction Segond)

- « les ténèbres couvraient l'abîme » (Bible de Jérusalem et version Semeur)

- « la ténèbre à la surface de l'abîme » (Traduction Oecuménique de la Bible)

La traduction d'André Chouraqui conserve mieux au texte hébreu son sens initial :

- en maintenant la " ténèbre " au singulier, ce qui personnifie l'abîme,

- en parlant de " faces " et non de " surface " pour l'abîme.

« Ténèbre (choshek) sur faces (paniym) abîme (tehôm) »

Qu'est-ce que l'abîme dans le Premier Testament ?

Les traductions françaises restituent par " abîme " plusieurs mots hébreux et grecs qui présentent des nuances.

Dans les Psaumes 64.6 et 130.1, l’hébreu désigne ce qui est profond.

Dans Job 26.6 et 28.22 et les Proverbes 15.11 et 27.20, s’ajoute l’idée d’un lieu de destruction (le même mot contient la notion de " néant " dans le Psaume 88.12).

Dans Esaïe 44.27 et Jonas 2.5, le terme désigne les profondeurs de la mer. On trouve aussi le terme de " gouffre " pour évoquer cet espace.

L'abîme correspond à l’hébreu " tehôm " (en grec " abussos " qui a donné " abysse " en français).

Il évoque aussi bien les flots de la mer qu’un gouffre profond en tenant compte des conceptions cosmologiques des anciens.

L’abîme, c’était aussi l’étendue qui enveloppait la terre, un réservoir dont le contenu s'est déversé sur la terre lors du déluge (Genèse 7.11 et 8.2).

L'abîme est une source de malédictions pour la Création, il n'est pas sous le regard bienveillant du Créateur.

D'où l'importance de conserver au mot hébreu "paniym" son sens original de "faces" ... qui implique le regard, la relation " face-à-face ".

Lorsque Caïn est chassé de sa terre, il s'éloigne de la face de Dieu (Genèse 4.14 et 4.16), il s'enfonce dans les ténèbres.

Demeurer sous la face de Dieu, en pleine lumière, c'est conserver une relation personnelle avec le Père, bénéficier de Ses bénédictions loin des ténèbres.

" La ténèbre " règne sur la face de l'abîme ... et non la lumière qui sera ensuite créée et séparée de la ténèbre.

Le terme hébreu " tehôm " est très proche du mot " tohou " qui comporte la notion de désert (voir le commentaire sur le Tohu-bohu).

Le " tehôm " est tout aussi invivable que le " tohou ".

S'éloigner de la face de Dieu, c'est se rapprocher de celle du " tehôm ", aux limites du néant.

La vision ancienne des limites de l'univers est tout à fait compatible avec les conceptions modernes.

Le concept religieux de création " ex-nihilo ", " à partir de rien " ... si ce n'est la volonté du Dieu créateur, est ancien.

Il implique que cet univers qui s'est développé à partir de rien, n'est matériellement rien sans la puissance spirituelle qui peut y mettre un terme.

Au-delà de cet univers il n'y a rien, si ce n'est le vide, le néant, la ténèbre, l'invisible.

De nos jours, rien ne permet de confirmer que notre univers soit fini, ou infini.

Certains théoriciens penchent pour un univers infini, d'autres pour un univers fini mais non limité.

Cet univers que l'on dit en expansion depuis sa création s'étend au détriment de rien, du vide, du néant, de l'invisible.

Car au-delà des " limites " de l'univers, fixées par les scientifiques à 13,7 milliards d'années-lumières, il est impossible pour l'humain d'observer quoi que ce soit !

Les scientifiques appellent cela " l'horizon cosmologique ".

Au-delà de cet horizon, règne le " tehôm ".

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LA GENESE : BERECHIT

Traduction du Rabbinat : 1.1 à 2.3
Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre n'était que solitude et chaos ; des ténèbres couvraient la face de l'abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux. Dieu dit : " Que la lumière soit ! " Et la lumière fut. Dieu considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière Jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut soir, il fut matin, un jour.

Dieu dit : " Qu'un espace s'étende au milieu des eaux, et forme une barrière entre les unes et les autres. " Dieu fit l'espace, opéra une séparation entre les eaux qui sont au-dessous et les eaux qui sont au-dessus, et cela demeura ainsi. Dieu nomma cet espace le Ciel. Le soir se fit, le matin se fit, - second jour.

Dieu dit : " Que les eaux répandues sous le ciel se réunissent sur un même point, et que le sol apparaisse. " Cela s'accomplit. Dieu nomma le sol la Terre, et l'agglomération des eaux, il la nomma les Mers. Et Dieu considéra que c'était bien. Dieu dit : " Que la terre produise des végétaux, savoir : des herbes renfermant une semence ; des arbres fruitiers portant, selon leur espèce, un fruit qui perpétue sa semence sur la terre. " Et cela s'accomplit. La terre donna naissance aux végétaux : aux herbes qui développent leur semence selon leur espèce, et aux arbres portant, selon leur espèce, un fruit qui renferme sa semence. Et Dieu considéra que c'était bien. Le soir se fit, le matin se fit, - troisième jour.

Dieu dit : " Que des corps lumineux apparaissent dans l'espace des cieux, pour distinguer entre le jour et la nuit ; ils serviront de signes pour les saisons, pour les jours, pour les années ; et ils serviront de luminaires, dans l'espace céleste, pour éclairer la terre. " Et cela s'accomplit. Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand luminaire pour la royauté du jour, le plus petit luminaire pour la royauté de la nuit, et aussi les étoiles. Et Dieu les plaça dans l'espace céleste pour rayonner sur la terre ; pour régner le jour et la nuit, et pour séparer la lumière des ténèbres. Dieu considéra que c'était bien. Le soir se fit, le matin se fit, - quatrième jour.

Dieu dit : " Que les eaux fourmillent d'une multitude animée, vivante ; et que des oiseaux volent au dessus de ta terre, à travers l'espace des cieux. " Dieu créa les cétacés énormes, et tous les êtres animés qui se meuvent dans les eaux, où ils pullulèrent selon leurs espèces, puis tout ce qui vole au moyen d'ailes, selon son espèce ; et Dieu considéra que c'était bien. Dieu les bénit en disant : " Croissez et multipliez, remplissez les eaux, habitants des mers, oiseaux, multipliez sur la terre ! " Le soir se fit, le matin se fit, - cinquième jour.

Dieu dit : " Que la terre produise des êtres animés selon leurs espèces : bétail, reptiles, bêtes sauvages de chaque sorte. " Et cela s'accomplit. Dieu forma les bêtes sauvages selon leurs espèces, de même les animaux qui paissent, de même ceux qui rampent sur le sol. Et Dieu considéra que c'était bien.

Dieu dit : " Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail ; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s'y meuvent. " Dieu créa l'homme à son image ; c'est à l'image de Dieu qu'il le créa. Mâle et femelle furent créés à la fois. Dieu les bénit en leur disant : " Croissez et multipliez ! Remplissez la terre et soumettez-la ! Commandez aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, à tous les animaux qui se meuvent sur la terre ! "

Dieu ajouta : " Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ils serviront à votre nourriture. Et aux animaux sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède un principe de vie, j'assigne toute verdure végétale pour nourriture. " Et il en fut ainsi. Dieu examina tout ce qu'il avait fait, c'était éminemment bien. Le soir se fit, puis le matin ; ce fut le sixième jour.

Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec tout ce qu'ils renferment. Dieu mit fin, le septième jour, à l’œuvre faite par lui ; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu'il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu'en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu'il avait produite et organisée.